mardi 24 avril 2018

TILL THE SALT


Le Printemps est revenu et ZED n'est toujours plus là. Heureusement, son esprit est resté, porté par Coco et ses enfants. Il avait construit le Saltster histoire d'aller faire un tour à Bonneville et filer (presque) cheveux aux vents sur la Route du Sel. La faucheuse lui a volé ce moment.
Alors il reste cette machine, à l'image de son concepteur, élégante, porteuse d'histoire, et la volonté de ceux qui restent. Coco, Enzo et Giulia ont créé l'association "Till The Salt" pour que le rêve de ZED devienne réalité. Le Saltster sera à Bonneville en 2018. Pour tout savoir sur le projet et y participer, rendez-vous sur la page Facebook dédiée.
C'est à Alès  l'occasion de la fête de la BD que j'ai pu parler un peu avec Coco. Elle m'a aussi appris que les 150 meilleurs Zeditos allaient être Zedités sous forme de recueil. Ceux qui ont aimé les mots de ZED ne manqueront cet ouvrage sous aucun prétexte. Pour ceux qui ne les connaissent pas, c'est l'occasion de découvrir le talent d'écriture d'un gars qui savait parler de la moto et de la vie avec une verve unique. 
Pour se le procurer, le bulletin de commande se trouve sur la page Facebook de l'asso ou dans le dernier numéro de Freeway.

mercredi 11 avril 2018

FORTY EIGHT, ARE YOU SURE?




 


Ce n'est pas une première chez Rough Crafts. En 2012 déjà la Bomb Runner permettait aux Taïwanais de magnifier le Sportster 48. Avec la Ragging Dagger on va bien au delà. Qui reconnaît le best seller de la MoCo dans ce "Poignard Enragé" qui porte bien son nom?
Visuellement, techniquement c'est une toute autre moto à des années lumières du modèle stock. Un peu comme dans ces émissions de relooking où on se demande au final si la personne à la fin de l'émission est bien celle du début. Une fois de plus cette préparation de Winston Yeh atteint les sommets de la customisation. Les desiderata du proprio sont simples: il aime l'allure et la sensation du V-Twin Harley, mais il veut quelque chose "over the top". Il va être servi.
Les choix esthétiques combinés à ceux des accessoires et des solutions techniques donnent un résultat visuellement extraordinaire.
L'ensemble coque/réservoir en fibre de carbone donne à ce poignard un furieux air de bombardier B2 "Stealth", puis le regard glisse vers ce superbe bras oscillant qui tout en assurant le guidage de la roue arrière joue également le rôle de réservoir d'huile! Si on ajoute à cela le déplacement de la batterie (lithium ion) dans la coque, la partie arrière entre roue et moteur ainsi ajourée contribue à l'équilibre visuel et la légèreté de la machine. Au passage, à part les sabres, rien n'a été coupé ni soudé et le bras est ancré sur le support stock.
Équilibre auquel contribue installation de l'amortisseur Ohlins sous le moteur, solution adoptée en son temps par Voxan. Ce qui nous amène à la partie avant où une fourche Ohlins également, issue d'une Yamaha R1, avec une angle de chasse de 24°, valeur de sportive à comparer avec les 30° d'un Forty-Eight confirme bien les intentions de Winston.
Il sait parfaitement les solutions pour optimiser les performances de n'importe quel engin roulant. Le poids, on est en mode Weight Watchers avec un gain de 40 kg sur la balance. Les roues BST en carbone n'y sont pas pour rien, d'autant plus que le gain de poids sur la masse non suspendue joue un rôle essentiel dans le comportement dynamique. Sans parler, si quand même, de la sculpturale ligne d’échappement en titane. La qualité des liaisons au sol, je n'y reviens pas. Le freinage, confié à Beringer parachève l’œuvre. 
En parlant de freinage, le support d'étrier arrière, radial, vaut qu'on s'y arrête. A-t-on déjà vu une pièce qui intègre le tendeur de chaîne et le support d'étrier? Ceci est le résultat d'une bévue de Winston. Même les meilleurs se gourent. Une fois le bras complètement terminé, il constate qu'il a oublié le support en question. Impossible de percer ou souder la pièce sans ruiner tout le boulot... Perso, j'aurais au minimum balancé une clé de 1" à travers l'atelier. Pas Winston. Il retourne sur sa planche à dessin et conçoit cette pièce qui contribue à renforcer le côté techno de la bestiole. Comme quoi, il n'y a pas que la tarte Tatin que l'on doit à une bévue.
Ce qui est rare est cher, il faut en convenir et en dehors du cahier des charges somme toute minimal mais bien rempli, on ne doute pas un instant que le chèque final le fut tout autant. Le prix de l'excellence d'un jouet d'exception, issu d'un préparateur du même métal et qui nous permet de rêver un peu.

lundi 9 avril 2018

TERRES DE SCRAMBLER




Le Scrambler, moto hybride présentant quelques aptitudes à abandonner le goudron pour s'aventurer sur les chemins est de retour après une longue hibernation...  Apparu dans les années 60, il permettait de s'affranchir des contraintes de la route pour profiter de toute la liberté offerte par la moto. Une bécane de route, un grand guidon, des pots relevés, des pneus crantés, à nous la Terre! 
On a vu ainsi fleurir d'improbables engins, tels des Norton Commando prêts à en découdre avec la poussière. Les Japonais n'ont pas regardé passer le train. Honda entre autres a mis dans son catalogue quelques modèles du genre, particulièrement le 450 double act préparé sauce poussière. 
Même si c'est une 350, personne ne restera insensible aux possibilités de l'engin, comme l'atteste ce document tiré du film Vanishing Point (Point Limite Zéro) de Richard Sarafian, en 1971. (Inutile de m'abreuver de remarques concernant le non port des gants obligatoires.)

Les Japonais qui ne font pas rien qu'à copier, vont pousser l'affaire plus loin en inventant le Trail et pousser par là même le Scrambler hors des chemins et des routes.
Il va repointer le bout de la tétine en ce début de XXIème siècle, sous l’impulsion du 60's revival. D'abord le fait de préparateurs branchés, des constructeurs ont senti le bon filon du marché de niche et Triumph, Ducati, BMW entre autres proposent du clé en main à leur clientèle.
Chez Harley, rien d'officiel. Des propositions customs existent bien entendu, mais comme souvent on a affaire des machines que l'on verra plus dans les pages des magazines ou les podiums des Bikes Show. Mais...
Ce dont-il question ici, enfin, j'y arrive, est fidèle mécaniquement à l'esprit originel: une machine de route, (Iron 883) un grand guidon, un échappement relevé avec un stage 1,des pneus crantés, des ressorts de fourche plus durs et c'est parti! Au guidon de ces machines, Road Trip Factory  propose des voyages clés en main au Maroc. En groupes de 10 motos maximum  vous découvrez de magnifiques sites en mode balade sur des parcours mixtes goudron/piste qui ne nécessitent pas d'expérience spécifique du tout terrain. De Marrakech à Marrakech, sept de jours de moto qui vous mènent au cœur de l'Atlas pour un trip inoubliable.
Une expérience tentante au guidon d'une machine originale, ça n'a pas de prix même si cela a un coût. A vos marques, prêts, Scramblez!

mardi 3 avril 2018

SUR LA PISTE DU MATIN CALME.





Par ici, et même par là, le pays du matin calme est plus connu par ses géants de l'électronique que ses customs bikes. Je m'en vais donc combler cette lacune. En espérant prochainement vous entretenir d'autres 883 se délectant de la poussière des pistes marocaines. (RàV; message personnel) A Busan, Corée du Sud donc, Crazy Garage est plutôt tourné vers des machines faites pour le circuit ou les routes qui tournent. Les deux n'étant pas incompatibles. Bref, quelle que soit la base, ça donne envie de visser la poignée de gaz. 
Ce 883 de 2000 n'échappe pas à la règle. A l'origine son proprio voulait un Street Tracker qui a rapidement évolué quand celui-ci décida de s'aligner dans une compétition amateur sur circuit. Très influencé par les XR américains, l'engin a notamment évolué côté suspensions afin d'affronter la piste dans les meilleures conditions. Niveau moteur, un arbre à cames "performance", un carbu Keihin FCR et un module d'allumage Dyna procurent de quoi vitaminer le bloc qui conserve sa cylindrée d'origine.
Pour le reste, l'échappement, les commandes reculées et le dosseret sont des pièces maison. Tout ceci à permis à son pilote de bien s'amuser et c'est là l'essentiel.

mardi 20 mars 2018

HIDE IN BLUE



Hide Motorcycle est sans doute le préparateur sur base de Sportster le plus prolifique. De plus, ils arrivent à sortir des engins vraiment personnalisés sans recourir à des modifs extravagantes. Ce 883 R qui conserve même les catamoches sur la fourche en est un bon exemple. Une belle carrosserie à la peinture classieuse et sobre, une ligne d'échappement, une plaque latérale, un compteur délocalisé et voilà le travail. Cohérence jusqu'au bout, le petit réservoir qui donne sa personnalité à la machine, donne juste le temps de digérer un expresso entre deux ravitaillements.

mercredi 7 mars 2018

BATTLE OF KINGS 2018 #2

Harley annonce 250 concessions participantes pour cette édition 2018 de la BOK. Tout en me concentrant sur les Sportsters, au nombre de 150, j'ai quand même jeté un oeil aux réalisations sur les autres bases. Pour mémoire 750 Street, Fat Bob et Street Bob. 
Cette cuvée me laisse une étrange impression. Pour être sympa. Les critères de choix des machines publiées dans N&S est simple: elles doivent me donner envie de rouler et/ou de les regarder pour leur esthétique ou leur originalité. Quand les deux sont réunis, c'est Byzance.
En 2017, cinq machines remplissaient ces critères très subjectifs. Cette année, malgré mes efforts, ça fera gagner du temps, deux m'ont vraiment titillé. Ce qui me surprend le plus, c'est la pauvreté de l'offre. Côté originalité je suis vraiment frustré, même si je reconnais que le cahier des charges imposé par HD est assez restrictif. Il n'en demeure pas moins que certaines propositions sont tout bonnement indigentes et que le premier venu pourrait faire mieux que certains dealers officiels. Sans parler de quelques peintures et choix esthétiques disons, étranges. Comme vitrine de la marque et démonstration de savoir faire on peut espérer mieux.
J'ajoute à cela la "qualité" de certaines photos dont on a l'impression qu'elles sont l’œuvre d'un gamin de 8 ans avec son Instamatic. 
Bref, d'ores et déjà je me projette en 2019 avec un peu mieux faire à la clé.
Résultat des courses, HD Rotterdam (NL) et son "ROADSTER" propose une  1200 CX au look Café Racer affirmé avec tous les (bons) attributs du genre. 


Dans un style très différent, la 1948 FL de HD Higashioshija (JP) lorgne vers le passé de la marque avec une machine à qui je reproche quand même le côté "too much" des colonnettes. Le peintre voulait sans doute ne rien laisser au fond du pot.


Comme souvent dans la nébuleuse Harley, le meilleur côtoie le pire. C'est HD Prague qui décroche la queue du Mickey avec sa FatBob Freedom. Attention, ne restez pas à proximité de l'écran!


Fallait écouter. Y a plus qu'à essuyer le vomi.

lundi 26 février 2018

IRON 1200


Des deux nouveaux Sports' présentés par Harley, c'est l'Iron 1200 qui a ma préférence. Facile. Il me rappelle mon Nightster. Des trois couleurs proposées, au hasard, c'est le Vivid Black qui a ma faveur avec ce graphisme bleu très 70's qui tranche agréablement. De toute façon, une moto c'est fait pour être noire. Exception faite des rouges qui sont les plus rapides. Le seul détail qui me gène c'est ce petit saute vent, plutôt sport, qui me paraît assez étrange avec le mini ape. Si elle était mienne, il atterrirait aussi sec en déco sur une étagère.
La réponse, c'est la MoCo qui la fournit.  La version accessoirisée présentée sur le site officiel nous livre une interprétation plus logique. On garde le petit tête de fourche, un petit guidon permet de diriger l'engin et voilà une machine au look plus équilibré. Au passage, on notera qu'il y a du stage 1 dans l'air avec des silencieux au look vraiment sympa.