samedi 22 juillet 2017

LE GENDARME EST BON ENFANT

Pièce en trois actes et en pas vers.

Quittant une de ces riantes bourgades provençales que l'univers nous envie,  l'index impératif un gendarme m'invite à m’arrêter. 
Illico je m’exécute de bonne grâce, évaluant avec la vélocité d'un ordinateur quantique les motifs de courroux (coucou) du pandore.
"Bonjour, Gendarmerie Nationale. (J'évite mon fameux "Je vous avais reconnu") Contrôle d'alcoolémie, veuillez retirer votre casque."
S'en suit une explication technique de l'utilisation de l'outil de contrôle et un vidage en règle du contenu de mes poumons. Rien à déclarer. (Jusqu'ici, tout va bien)
"C’est bon, vous pouvez y aller." Ouf!
Pas le temps de récupérer mon casque et mes gants, son collègue du même geste d'autorité fait se garer à mes côtés mr TMax. Mr Tmax en tee shirt, short, claquettes ET sans gants.
"Bonjour, Gendarmerie Nationale. Contrôle d'alcoolémie, veuillez retirer votre casque. Dites, vous n'avez pas de gants?
-Non.
-Même pas dans le coffre?
-Non.
-Désolé, je dois vous dresser un procès verbal" 
Je ne suis pas sûr du désolé, mais vu que c'est un scotère, il n'a pas de raison de l'être...
J'enfile le casque, (pas de rétros réfléchissants)  les gants, (pas d'étiquette CE) je mets en route, (Vance & Hines full barouf) et pense à ma plaque pas aux normes non plus.
Moralité, je suis bien content (je constate une fois encore que le Gendarme n'est pas le militaire borné bas du képi qu'on aime à décrire) et suis persuadé que si mr TMax avait eu une paire de gants à exhiber, il aurait échappé à la prune. J'espère qu'il ne sortait pas de l'apéro...